2011 en perspective 2011 ? ... plein de petits bonheurs! À quoi comparer cette année passée à Madagascar? À un délicieux mille feuilles saupoudré généreusement d'un sucre blanc impalpable qui vient donner un air de fête à tout l'ensemble.
Chaque "feuille" relate l'histoire de ce qui a été fait, la "crème" c'est ce qui nous unit dans cette belle aventure et le "sucre" ce sont les sourires, l'amitié, et j'ose un mot fort mais tellement vrai "l'Amour". "La vie, un gâteau?!!!" Métaphore idéaliste d'un monde qui ne l'est pas. Vision utopiste à contretemps d'un temps où les visages se crispent, où l'angoisse s'insinue dans les vies, là-bas mais aussi ici. Un monde qui incite à se recroqueviller sur soi et où se dresse un peu plus chaque jour une divinité insatiable à laquelle on sacrifie la souveraineté des états, l'avenir même des hommes, le droit aux rêves! Avez-vous remarqué comment on humanise par un vocabulaire d’habitude réservé aux personnes tyranniques tout ce qui symbolise l'argent, le marché, la bourse, les agences de notation, les banques. Cette « bête» frémit, a peur, se met en colère, boude, dégrade, menace, est pourtant l'objet de toutes les attentions des "grands" de ce monde qui pour éviter son courroux s’ingénient à la satisfaire. Si l'on mettait autant d'énergie à sauver les hommes...
Alors mordre à pleines dents dans le gâteau dont je vous parle, c’est ouvrir les mains, croire à l’avenir, c'est aussi un peu comme un acte de résistance fragile et doux qui est tout sauf mièvre car il s'est formé à force de pétrissage, parfois douloureux mais toujours porteur de vie et de sens. Résumer une année est un exercice difficile, tant de détails la constituent. La toile de fond de ce que l’on pourrait appeler le tableau reste encore la situation politique toujours aussi chaotique et incertaine qui fait souffrir beaucoup de Malgaches, nous ne pouvons, ni devons l’oublier.
Dans les différents plans, Il y a un pic avec la satisfaction pour l'école, des objectifs atteints en cordée, puis un gouffre avec la mort d’un enfant foudroyé par la maladie qui nous rappelle la fragilité de la vie et encore le vertige entre l'angoisse, quand, à la naissance de Fetra, le petit dernier du quartier, la vie de Florence, sa maman a été mise en danger, la libération et le bonheur quand elle a été sortie d'affaire et que nous étions tous ensemble penchés sur cette petite vie précieuse pour lui donner un peu maladroitement son premier biberon. Il y a aussi et heureusement la plaine à l'infini des jours bien occupés par mille activités qui contribuent à la mise en place du tableau final dans lequel je n'oublierai pas d'inclure le travail et le dévouement de celles et ceux qui œuvrent à faire vivre l'association ici en France, ni la générosité de tous nos donateurs et parrains de l’école, ni toute l'amitié manifestée par des aides matérielles et techniques et aussi par tous les encouragements .



10 octobre, 7H00 Un bruit inhabituel
nous parvient de la rizière, il enfle et se précise, une vague
d’enfants (120 au total) déferle dans le quartier pour la
première rentrée des classes à Tsaratànana. Ils sont tout beaux
avec leurs petits tabliers roses ou verts. Les plus petits
réalisent qu’ils vont devoir quitter leur maman et là bien
sûr, comme partout dans le monde, il y a des pleurs ... qui
toutefois tarissent assez vite quand ils découvrent tous les jouets
disposés à leur intention dans des corbeilles un peu partout dans
les 2 classes de maternelle gaies et colorées. Les enseignantes et
les parents eux aussi sont contents et rassurés, enseigner et
apprendre dans de bonnes conditions c’est mieux pour tout le
monde et en plus il y a de l’eau aux robinets des sanitaires,
du savon et des serviettes !


Les plus grands (CP et CE1) eux, se
sont mis sagement en rangs de façon quasi militaire, pour entonner
l’hymne nationale malgache et regarder le drapeau
s’élever doucement dans le ciel d’un bleu parfait.
Ensuite ils découvrent leurs classes. Dans la précipitation, ils
s’assoient à deux par chaise habitués à se serrer à plusieurs
sur les bancs raides de leur ancienne école. Le mobilier des 4
classes a été entièrement réalisé dans l’atelier de
menuiserie de Tsaratànana, avec Mamy et Eric pour le bois, Marcel
et Edmond pour les soudures et Bernadette, Juliette et Tiana pour
les peintures. « Ce sont des classes de niveau international » dit
un représentant de l’éducation nationale, « habituellement,
ici à Madagascar il faut attendre l’université pour avoir
cela et encore ... » ajoute un autre visiteur. Les ouvriers et
ouvrières, qui sont aussi pour la plupart parents d’élèves,
guettent avec fierté les réactions de chacun. Intuitivement, ils
savent que construire une école, l’école de leurs enfants,
c’est leur ouvrir une porte sur demain. Des symboles forts
... Ce 10 octobre, nous avons devant nous tous ces enfants aux yeux
émerveillés et confiants, et c’est le cœur rempli de
gratitude que nous associons à ce moment magique, en les nommant,
tous ceux qui ont, rêvé, voulu, porté cette école avec nous :
France-Lise notre Présidente et tout notre conseil
d’administration, les membres de l’association,
Maryvonne, Gilles et tout la multitude des donateurs.
L’histoire dresse en ce jour une pierre immatérielle qui
symbolise toutes ces énergies et sur laquelle sont gravés en
majuscule, de façon indélébile, les mots « Solidarité » et «
Partage ».
Un autre symbole fort pour nous
c’est Lova dont une injustice vécue par sa famille a été le
déclencheur de tout ce qui a suivi, « Tsaratànana » et tout le
reste. Après avoir beaucoup progressée sur le plan personnel,
aujourd’hui Lova est une jolie jeune femme coquette et pleine
d’assurance, elle a suivi diverses formations et est devenue
institutrice de l’une des 2 classes de maternelle. Ce
n’est pas une revanche mais un cadeau de la vie, un signe
d’espérance qui fait mentir ce qui semblait avoir été écrit
d’avance. Un premier aboutissement ... Cette rentrée est un
premier aboutissement de longs mois de réflexion, de concertation
avec la communauté locale, de travail dans lesquels ont été
impliqués, dans chacune des trois phases, environ 70 ouvriers et
ouvrières pour la fabrication des briques, les constructions, les
finitions et la fabrication du mobilier. « C’est un gros
chantier » dit le maire conscient de l’impact positif que
cela a sur la commune, en termes de travail bien sûr mais aussi de
formation et de valorisation du territoire.


Faire revivre la terre
...
Nous poursuivons toujours notre objectif de « redonner vie à la terre ». Nous commençons à voir les effets positifs du reboisement et des diverses plantations. Visuellement, c’est l’embellissent du quartier qui passe progressivement du rouge de la latérite au vert de la végétation, et pour ceux qui habitent là et les enfants de l’école ce sont les récoltes de fruits avec les bananiers qui sont déjà très productifs en attendant les autres arbres fruitiers et celles des jardins potagers familiaux et du jardin de l’école qui améliorent significativement la qualité nutritionnelle des repas, auditivement et pour le plaisir c’est le retour des oiseaux. Tout un écosystème qui se remet en place tout doucement.
Les visiteurs ...
Dans l’année, plusieurs amis ont séjourné quelques temps pour apporter leur pierre à l’édifice. Ils ont été logés dans l’écolodge en cours de construction dans le quartier : France-Lise, pour des bilans de santé des enfants et de leurs mamans, ainsi qu’une enquête sur les ressources locales en termes d’accès à la santé, Anne-Lyne, qui a organisé une formation pour des enseignantes de maternelle et de CP, Nicolas et Marie qui ont animé un atelier sur les droits de l’enfants, Anne-Françoise, administratrice de Yocontigo pour concrétiser son engagement dans l’association, Marlène et Gérard venus pour continuer d’explorer les environs dans le but de créer des chemins de randonnées et beaucoup d’autres visiteurs plus « ponctuels », curieux dans un premier temps, puis franchement enthousiastes à la fin de la visite.
Les partenariats ...
Ils se poursuivent avec ASA (association pour l’accueil et la réinsertion des sans-abris) au travers des interventions mensuelles de Suzanne assistante sociale de cette association pour aider certaines familles à encore progresser et le Grain de Blé qui anime un club d’enfants tous les 15 jours auquel participe avec un plaisir non dissimulé, une centaine d’enfants de tous les environs.
Améliorer le niveau de l’enseignement ...
Pour améliorer, à leur demande, le niveau des institutrices de toutes les écoles publiques et privées de la commune, nous avons procédé à une enquête approfondie pour connaître précisément leurs besoins afin de créer un plan de formation qui sera mis en œuvre après validation des autorités locales par des enseignants francophones bénévoles qui viendront renforcer les compétences de leurs collègues Malgaches.
Des nuits éclairées par le soleil ...
Grâce aux « Amis de Yocontigo Ile de France » le quartier bénéficie d’un grand confort avec les panneaux solaires qui ont été installés en début d’année, non seulement pour faire fonctionner une pompe qui remplit un château d’eau qui à son tour permet l’alimentation de 2 bornes fontaine et de différents points de distribution mais également pour utiliser l’excédent d’électricité stocké dans des batteries pour éclairer le quartier, la maison communautaire et d’autres locaux.
Des artisans écolo ...
Pour aider les artisans à s’installer de façon durable avec leurs familles dans le quartier et ainsi amener de l’emploi, nous avons mis en œuvre la construction de 3 maisons simples et très écologiques derrière leurs chalets/ateliers avec du bois, de la paille, du bambou, de la terre, de la chaux et du chaume. Les artisans participent activement à leur construction sous la conduite de maçons formés grâce aux précédents projets. Des vœux pour 2012 ... Cette lettre de nouvelles nous permet de revisiter l’année 2011 dans un survol rapide afin de mesurer le chemin parcouru, d’évoquer chacun des évènements avec lucidité et reconnaissance, avant d’entrer trop vite dans l’année 2012 déjà planifiée bien sûr.
Nous voulons toutefois rester ouverts afin d’accueillir l’imprévisible, ne pas laisser notre bateau tranquillement au port par peur des tempêtes et des vents contraires, mais l’éprouver en pleine mer, parce que c’est sa vocation mais aussi savoir goûter la tranquillité d’une mer calme et surtout toujours laisser gonfler notre voile par le souffle qui nous anime. Nous pensons aux Malgaches, nos amis, atteints par une crise qui n’a que trop duré, nous formons des vœux pour que des hommes et des femmes de bonne volonté s’accordent enfin dans l’intérêt commun. Nous souhaitons à chacun de vous, une année heureuse et confiante malgré tout, une année de solidarité et de partages, une année de paix. Avec toute notre amitié et notre gratitude, L’équipe de YOCONTIGO ESPERANCE S.I







