Lettre de nouvelles Janvier 2012  (NOTRE ACTUALITE) posté le samedi 11 février 2012 10:35

Blog de yocontigo : YOCONTIGO ESPERANCE Solidarité Internationale, Lettre de nouvelles Janvier 2012

 

2011 en perspective 2011 ? ... plein de petits bonheurs! À quoi comparer cette année passée à Madagascar? À un délicieux mille feuilles saupoudré généreusement d'un sucre blanc impalpable qui vient donner un air de fête à tout l'ensemble.

Chaque "feuille" relate l'histoire de ce qui a été fait, la "crème" c'est ce qui nous unit dans cette belle aventure et le "sucre" ce sont les sourires, l'amitié, et j'ose un mot fort mais tellement vrai "l'Amour". "La vie, un gâteau?!!!" Métaphore idéaliste d'un monde qui ne l'est pas. Vision utopiste à contretemps d'un temps où les visages se crispent, où l'angoisse s'insinue dans les vies, là-bas mais aussi ici. Un monde qui incite à se recroqueviller sur soi et où se dresse un peu plus chaque jour une divinité insatiable à laquelle on sacrifie la souveraineté des états, l'avenir même des hommes, le droit aux rêves! Avez-vous remarqué comment on humanise par un vocabulaire d’habitude réservé aux personnes tyranniques tout ce qui symbolise l'argent, le marché, la bourse, les agences de notation, les banques. Cette « bête» frémit, a peur, se met en colère, boude, dégrade, menace, est pourtant l'objet de toutes les attentions des "grands" de ce monde qui pour éviter son courroux s’ingénient à la satisfaire. Si l'on mettait autant d'énergie à sauver les hommes...

Alors mordre à pleines dents dans le gâteau dont je vous parle, c’est ouvrir les mains, croire à l’avenir, c'est aussi un peu comme un acte de résistance fragile et doux qui est tout sauf mièvre car il s'est formé à force de pétrissage, parfois douloureux mais toujours porteur de vie et de sens. Résumer une année est un exercice difficile, tant de détails la constituent. La toile de fond de ce que l’on pourrait appeler le tableau reste encore la situation politique toujours aussi chaotique et incertaine qui fait souffrir beaucoup de Malgaches, nous ne pouvons, ni devons l’oublier.

Dans les différents plans, Il y a un pic avec la satisfaction pour l'école, des objectifs atteints en cordée, puis un gouffre avec la mort d’un enfant foudroyé par la maladie qui nous rappelle la fragilité de la vie et encore le vertige entre l'angoisse, quand, à la naissance de Fetra, le petit dernier du quartier, la vie de Florence, sa maman a été mise en danger, la libération et le bonheur quand elle a été sortie d'affaire et que nous étions tous ensemble penchés sur cette petite vie précieuse pour lui donner un peu maladroitement son premier biberon. Il y a aussi et heureusement la plaine à l'infini des jours bien occupés par mille activités qui contribuent à la mise en place du tableau final dans lequel je n'oublierai pas d'inclure le travail et le dévouement de celles et ceux qui œuvrent à faire vivre l'association ici en France, ni la générosité de tous nos donateurs et parrains de l’école, ni toute l'amitié manifestée par des aides matérielles et techniques et aussi par tous les encouragements .


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10 octobre, 7H00 Un bruit inhabituel nous parvient de la rizière, il enfle et se précise, une vague d’enfants (120 au total) déferle dans le quartier pour la première rentrée des classes à Tsaratànana. Ils sont tout beaux avec leurs petits tabliers roses ou verts. Les plus petits réalisent qu’ils vont devoir quitter leur maman et là bien sûr, comme partout dans le monde, il y a des pleurs ... qui toutefois tarissent assez vite quand ils découvrent tous les jouets disposés à leur intention dans des corbeilles un peu partout dans les 2 classes de maternelle gaies et colorées. Les enseignantes et les parents eux aussi sont contents et rassurés, enseigner et apprendre dans de bonnes conditions c’est mieux pour tout le monde et en plus il y a de l’eau aux robinets des sanitaires, du savon et des serviettes !

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Les plus grands (CP et CE1) eux, se sont mis sagement en rangs de façon quasi militaire, pour entonner l’hymne nationale malgache et regarder le drapeau s’élever doucement dans le ciel d’un bleu parfait. Ensuite ils découvrent leurs classes. Dans la précipitation, ils s’assoient à deux par chaise habitués à se serrer à plusieurs sur les bancs raides de leur ancienne école. Le mobilier des 4 classes a été entièrement réalisé dans l’atelier de menuiserie de Tsaratànana, avec Mamy et Eric pour le bois, Marcel et Edmond pour les soudures et Bernadette, Juliette et Tiana pour les peintures. « Ce sont des classes de niveau international » dit un représentant de l’éducation nationale, « habituellement, ici à Madagascar il faut attendre l’université pour avoir cela et encore ... » ajoute un autre visiteur. Les ouvriers et ouvrières, qui sont aussi pour la plupart parents d’élèves, guettent avec fierté les réactions de chacun. Intuitivement, ils savent que construire une école, l’école de leurs enfants, c’est leur ouvrir une porte sur demain. Des symboles forts ... Ce 10 octobre, nous avons devant nous tous ces enfants aux yeux émerveillés et confiants, et c’est le cœur rempli de gratitude que nous associons à ce moment magique, en les nommant, tous ceux qui ont, rêvé, voulu, porté cette école avec nous : France-Lise notre Présidente et tout notre conseil d’administration, les membres de l’association, Maryvonne, Gilles et tout la multitude des donateurs. L’histoire dresse en ce jour une pierre immatérielle qui symbolise toutes ces énergies et sur laquelle sont gravés en majuscule, de façon indélébile, les mots « Solidarité » et « Partage ».



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Un autre symbole fort pour nous c’est Lova dont une injustice vécue par sa famille a été le déclencheur de tout ce qui a suivi, « Tsaratànana » et tout le reste. Après avoir beaucoup progressée sur le plan personnel, aujourd’hui Lova est une jolie jeune femme coquette et pleine d’assurance, elle a suivi diverses formations et est devenue institutrice de l’une des 2 classes de maternelle. Ce n’est pas une revanche mais un cadeau de la vie, un signe d’espérance qui fait mentir ce qui semblait avoir été écrit d’avance. Un premier aboutissement ... Cette rentrée est un premier aboutissement de longs mois de réflexion, de concertation avec la communauté locale, de travail dans lesquels ont été impliqués, dans chacune des trois phases, environ 70 ouvriers et ouvrières pour la fabrication des briques, les constructions, les finitions et la fabrication du mobilier. « C’est un gros chantier » dit le maire conscient de l’impact positif que cela a sur la commune, en termes de travail bien sûr mais aussi de formation et de valorisation du territoire.

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Faire revivre la terre ...

Nous poursuivons toujours notre objectif de « redonner vie à la terre ». Nous commençons à voir les effets positifs du reboisement et des diverses plantations. Visuellement, c’est l’embellissent du quartier qui passe progressivement du rouge de la latérite au vert de la végétation, et pour ceux qui habitent là et les enfants de l’école ce sont les récoltes de fruits avec les bananiers qui sont déjà très productifs en attendant les autres arbres fruitiers et celles des jardins potagers familiaux et du jardin de l’école qui améliorent significativement la qualité nutritionnelle des repas, auditivement et pour le plaisir c’est le retour des oiseaux. Tout un écosystème qui se remet en place tout doucement.

Les visiteurs ...

Dans l’année, plusieurs amis ont séjourné quelques temps pour apporter leur pierre à l’édifice. Ils ont été logés dans l’écolodge en cours de construction dans le quartier : France-Lise, pour des bilans de santé des enfants et de leurs mamans, ainsi qu’une enquête sur les ressources locales en termes d’accès à la santé, Anne-Lyne, qui a organisé une formation pour des enseignantes de maternelle et de CP, Nicolas et Marie qui ont animé un atelier sur les droits de l’enfants, Anne-Françoise, administratrice de Yocontigo pour concrétiser son engagement dans l’association, Marlène et Gérard venus pour continuer d’explorer les environs dans le but de créer des chemins de randonnées et beaucoup d’autres visiteurs plus « ponctuels », curieux dans un premier temps, puis franchement enthousiastes à la fin de la visite.

Les partenariats ...

Ils se poursuivent avec ASA (association pour l’accueil et la réinsertion des sans-abris) au travers des interventions mensuelles de Suzanne assistante sociale de cette association pour aider certaines familles à encore progresser et le Grain de Blé qui anime un club d’enfants tous les 15 jours auquel participe avec un plaisir non dissimulé, une centaine d’enfants de tous les environs.

Améliorer le niveau de l’enseignement ...

Pour améliorer, à leur demande, le niveau des institutrices de toutes les écoles publiques et privées de la commune, nous avons procédé à une enquête approfondie pour connaître précisément leurs besoins afin de créer un plan de formation qui sera mis en œuvre après validation des autorités locales par des enseignants francophones bénévoles qui viendront renforcer les compétences de leurs collègues Malgaches.

Des nuits éclairées par le soleil ...

Grâce aux « Amis de Yocontigo Ile de France » le quartier bénéficie d’un grand confort avec les panneaux solaires qui ont été installés en début d’année, non seulement pour faire fonctionner une pompe qui remplit un château d’eau qui à son tour permet l’alimentation de 2 bornes fontaine et de différents points de distribution mais également pour utiliser l’excédent d’électricité stocké dans des batteries pour éclairer le quartier, la maison communautaire et d’autres locaux.

Des artisans écolo ...

Pour aider les artisans à s’installer de façon durable avec leurs familles dans le quartier et ainsi amener de l’emploi, nous avons mis en œuvre la construction de 3 maisons simples et très écologiques derrière leurs chalets/ateliers avec du bois, de la paille, du bambou, de la terre, de la chaux et du chaume. Les artisans participent activement à leur construction sous la conduite de maçons formés grâce aux précédents projets. Des vœux pour 2012 ... Cette lettre de nouvelles nous permet de revisiter l’année 2011 dans un survol rapide afin de mesurer le chemin parcouru, d’évoquer chacun des évènements avec lucidité et reconnaissance, avant d’entrer trop vite dans l’année 2012 déjà planifiée bien sûr.

 

Nous voulons toutefois rester ouverts afin d’accueillir l’imprévisible, ne pas laisser notre bateau tranquillement au port par peur des tempêtes et des vents contraires, mais l’éprouver en pleine mer, parce que c’est sa vocation mais aussi savoir goûter la tranquillité d’une mer calme et surtout toujours laisser gonfler notre voile par le souffle qui nous anime. Nous pensons aux Malgaches, nos amis, atteints par une crise qui n’a que trop duré, nous formons des vœux pour que des hommes et des femmes de bonne volonté s’accordent enfin dans l’intérêt commun. Nous souhaitons à chacun de vous, une année heureuse et confiante malgré tout, une année de solidarité et de partages, une année de paix. Avec toute notre amitié et notre gratitude, L’équipe de YOCONTIGO ESPERANCE S.I



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La rentrée des Classes 2011  (NOTRE ACTUALITE) posté le mardi 15 novembre 2011 19:54

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Lettre de nouvelle septembre 2011  (NOTRE ACTUALITE) posté le lundi 26 septembre 2011 09:54

Blog de yocontigo : YOCONTIGO ESPERANCE Solidarité Internationale, Lettre de nouvelle septembre 2011

    C’est une heure où le jour n’a pas encore choisi sa palette de couleurs, pourtant, la vie elle, commence à s’éveiller. Bien avant le chant des coqs et des autres volailles c’est le bruit sourd des roues de la charrette et des sabots des zébus de Norbert que l’on entend sur les chemins durcis et poussiéreux. Milou, l’un des chiens du quartier s’ébroue en se cognant contre notre porte, il ne l’a pas quitté de la nuit, c’est un gardien vigilant qui donne son honneur et sa dizaine de petits kilos pour veiller sur notre sommeil. Viennent ensuite les bruits des seaux qui se remplissent aux fontaines, une radio, quelque part nous rappelle qu’il y a un monde ... ailleurs. C’est ensuite les frottements des balais sur les pavés et les allés, le raclement des outils dans les jardins, des voix qui s’interpellent et quand le paysage est encore dans la brume de ce matin d’hiver malgache, les cris d’enfants retentissent pour commencer leurs jeux interminables qui dureront jusqu’au soir. A 7h30, le coup de sifflet marque le début de la journée de travail des ouvriers, avec là beaucoup d’autres bruits : grondement du groupe électrogène, sifflement des machines, chocs des outils. « Tsaratànana » s’éveille. Fermez les yeux, vous y êtes, il faut juste ajouter le vent en bruit de fond, il est omniprésent en cette saison.

   Combien de matins depuis le 1er août 2007 ? 4 ans plus tard et beaucoup de travail, la terre est devenue habitable, elle s’est façonnée en maisons et jardins, s’est couverte de végétation, c’est un lieu où chacun a trouvé et pris sa place. C’est une grande famille par la force des choses. On ne vit pas une telle aventure sans se créer des liens qui vont au-delà du simple voisinage.

   Comme dans toutes les familles, il y a les joies et les peines. Le 14 juin, Nataniaina, le fils ainé de Norbert et Juliette est mort brutalement d’un neuro paludisme. Il avait 14 ans. Sa disparition laisse un grand vide chez ses parents et son petit frère bien sûr mais aussi dans toute notre petite communauté, il était l’un de nos enfants.

La vie continue pour sécher les larmes et guérir les blessures. , la vie continue sans oubli.

 

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Anne-Lyne et ses stagiaires

   Depuis début août, nous avons eu beaucoup de visiteurs. Il y a d’abord eu Anne-Lyne Stuber, notre amie Suisse, qui est enseignante et qui avait, dans le cadre de son association, organisé une session de formation pour des institutrices de maternelle, CP et CE1 des écoles publiques et privées sur le thème « apprendre à apprendre » avec la méthode de la gestion mentale . Ces formations se sont déroulées sur 3 jours dans la salle polyvalente de la maison communautaire. Il y a eu beaucoup de participantes, plus de 50 le 1er jour pour la partie théorique et près de 30 les autres jours pour les applications pratiques dans chaque section. Les institutrices demandent déjà d’autres formations comme celles-ci.
 
 Ensuite, Anne-Françoise, membre du conseil d’administration de Yocontigo est venue, dans le cadre de vacances familiales, passer 2 jours avec nous pour découvrir « en vrai » le projet dans lequel elle s’implique depuis près de 2 ans maintenant. Comme Anne-Lyne, elle a pu apprécier le confort de la chambre de « la terre » de l’écolodge et sa dynamique équipe d’accueil.


Blog de yocontigo : YOCONTIGO ESPERANCE Solidarité Internationale, Lettre de nouvelle septembre 2011 Anne-Françoise au milieu des enfants

   Nicolas et Marie avaient rêvé d’une lune de miel un peu différente. Ils ont choisi Madagascar comme destination et Tsaratànana en particulier pour vivre une aventure loin des cocotiers et des plages de sable fin. Voilà ce qu’ils nous disent de leur séjour :

   « Nous sommes rentrés depuis peu à Strasbourg, nous fonçons au marché bio de notre quartier (krutenau) pour acheter des légumes et des fruits, pour ne pas être trop vite dépaysés de Madagascar. Nous avons eu le désir de donner du sens à notre voyage de Noce (nous nous sommes mariés le 30 juillet) en ayant choisi le projet de venir à Tsaratànana pour parler des droits de l'enfant aux enfants du village construit avec Yocontigo. Après une semaine de vadrouille, dès notre arrivée à Madagascar, en mari et femme, nous arrivons ensuite au village de Tsaratànana et découvrons les avancées des projets de Yocontigo.


Le lendemain , après avoir repris des forces dans la première chambre "Ecolodge" intitulé "La terre", nous rencontrons les enfants du village, des alentours, et notre traductrice Haingo afin de leur expliquer notre projet de création d'affiches sur les Droits de l'Enfant en partant des 10 droits fondamentaux.

Nos séances se déroulaient en après-midi dans la salle communautaire avec du matériel pour dessiner. Après la séance nous nous retrouvions en extérieur pour faire un jeu collectif. Après deux jours, nous nous sommes rendu compte qu'il fallait mettre aussi en place une seconde activité pour les plus jeunes enfants. Un atelier chant s'est créé avec Marie. Les chants gestuels les ont ouverts à la voix, aux paroles en français qu'ils pouvaient mimer pour plus de compréhension.

A la fin de la période de 12 jours passés à ce projet, nous avons choisi une date d'exposition afin qu'un jury d'adultes puisse se mettre en place : avec le Maire de la commune, trois représentants de la Mairie, 4 élus du village. Le jury a pu découvrir l'implication des enfants à réfléchir, à participer et à s'exprimer sur leurs droits. Le point positif pour le jury comme pour les enfants a été que les adultes les ont écoutés défendre leurs idées à l'aide du support de l'affiche. Les affiches ayant été réalisé en petits groupes de 3 enfants, les enfants ont dû parler et s'écouter à tour de rôle. Le jury a désigné 4 affiches qui participeront au concours international sur les droits de l'enfant à Strasbourg en Novembre prochain. Nous sommes repartis avec 5 affiches pour qu'il y ait aussi une des affiches des plus jeunes enfants.

Nous avons pu emmener dans nos bagages des sourires, des échanges, des partages, des souvenirs indélébiles, du temps de vivre, mais aussi des photos et des vidéos de ce temps partagé, avec les familles, avec notre famille. Nous réaliserons prochainement un montage vidéo.

Nicolas transmettra aux Francas du Bas-Rhin, association organisatrice du projet: " Agis pour tes Droits" cette participation de Madagascar. Nicolas est salarié de cette association, Marie y est militante bénévole.

Merci aux enfants pour leur émerveillement, aux parents pour la soirée de danses rythmées, aux familles d'artisans pour nos contacts à la sortie de notre chambre, un grand merci à Haingo pour son aide précieuse de traduction et sa participation.

Merci à Anne et à Joaquim (Parents et "Beaux »-parents) pour leur accueil, leurs conseils, nos discussions, nos soupes du soir qui nous réchauffaient deux fois, pour nos envies soudaines de sucré, pour nos fous rires dans les situations quotidiennes ».


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   Merci à Nicolas et Marie pour tout ce qu’ils ont apporté aux enfants. On entendra encore longtemps dès le matin tous les chants qu’ils ont appris avec eux et sans doute ils nous diront souvent : « Nicolas, Ma-rrie, téléphone ?»

    Nous avons eu d’autres visiteurs en « journée » venant d’un peu partout : Madagascar, Suisse, Canada, Etats Unis, France Métropolitaine et Réunion. « Tsaratànana » suscite toujours autant d’intérêt, pourtant il n’y a rien de compliqué, juste un peu de bon sens et tout ce qui va avec.

   Il faut toujours cependant progresser et ne pas s’endormir sur ses lauriers ... ça peut faner ! C’est pourquoi nous avons mis en place deux ateliers de réflexion/action. Le premier est un comité villageois composé des 4 élus, de 4 délégués et de nous-mêmes. Son objectif est d’imaginer un projet de vie du quartier incluant les réflexions de tous pour définir des axes de progression dans tous les domaines touchant à la vie de ses habitants : démocratie, transparence, laïcité, travail, social, santé, culture.

   Le second concerne l’espace de micros entreprises. Avec maintenant 8 ateliers représentés : tissage, recyclage de métal, vannerie et cuir, sculpture, couture, menuiserie fine, menuiserie générale, recyclage de pneus, il s’agit d’imaginer les moyens de créer plus d’emplois pérennes. Vaste chantier !

   De nouveau, près de 70 ouvriers et ouvrières s’activent à la construction des autres modules de l’école, à la fabrication des briques, à la construction de 3 maisons, accolées aux chalets, 98% écologiques (pour ne pas dire 100%), destinées aux artisans installés dans le quartier. Maisons hybrides « malgacho-norvégiennes » à ossature bois, paille, terre, chaux, chaume et un look de « petites maisons dans la prairie ». Elles ont aussi l’avantage de ne pas coûter cher. Les artisans, très motivés bien sûr, participent activement à leur construction, on pourrait un peu se croire chez les Amish en Pennsylvanie. Les travaux se poursuivent aussi dans l’écolodge, avec une capacité d’accueil plus importante prochainement.

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    Nous nous sommes fixés un grand challenge pour l’école: les 2 premiers modules, soit 4 classes, entièrement finies pour permettre l’accueil d’environ 150 enfants dès la rentrée d’octobre, 2 classes de maternelle, CP et CE1. Nous mettons tout en œuvre pour atteindre cet objectif.

   D’avril à fin juin, les enfants du quartier ont bénéficié d’un soutien scolaire animé par Mialy. Les résultats sont encourageants, les examens de fin d’année ont été très positifs pour la plupart.

    En ce moment, le quartier est bien vide. 13 enfants sont partis en colonie de vacances avec le Grain de Blé du 6 au 17 septembre. Certains quittaient leurs parents pour la 1ère fois, mais sans aucune appréhension, bien au contraire.

   Voici quelques nouvelles de Tsaratànana, un petit quartier, quelque part sur la vaste terre où la recherche d’une vie meilleure est toujours à l’ordre du jour.

Joaquim et Anne MIRANDA

 

Il aurait été dommage de ne pas faire figurer dans cette lettre de nouvelles les impressions d'Anne-Françoise, membre du CA de YOCONTIGO,  sur son séjour à Tsaratànana, les voici donc telles qu'elles nous sont parvenues par "mail express" :

 " Arrivant pour la première fois à Madagascar, ce qui m'a beaucoup frappée, c'est que le pays est en fait très montagneux alors que pour moi, les hauts-plateaux évoquaient de grandes surfaces étendues, avec de longues  routes droites et désertiques que le soleil desséchait de ses rayons.

                 En fait, au mois de Juillet, lorsque je suis arrivée, c'était « l'hiver » là-bas, c'est à dire environ 15° la nuit à Tananarive, et 20° dans la journée. Aussi presque tous les Malgaches portent des anoraks, des bonnets, des écharpes, et de gros pulls car c'est le grand froid! Quelques fleurs s'épanouissent malgré la saison, et j'ai admiré de nombreux et majestueux bougainvilliers chatoyer sous les rayons d'un soleil assez timide à cette période.

                 Après avoir logé quelques jours à Tananarive, où les vieilles voitures européennes ont retrouvé une nouvelle vie (je veux parler des 2CV, 4l, 403 et 404 et leurs contemporaines), où la pollution, les embouteillages, les maisons minuscules, sans confort (ni eau, ni électricité) et enchevêtrées les unes dans les autres vous font vous demander pourquoi les personnes quittent leurs jolies campagnes pour venir grossir le flot de piétons qui déambulent dans les rues tristes et bruyantes de la capitale.

                 Arriver à Tsaratànana semble tenir du miracle après avoir vu tout cela. L'air pur, les maisons coquettes et spacieuses, agrémentées de leurs jardins où poussent toutes sortes de légumes ou de fruits, les rires et la joyeuse animation de ses habitants sont une oasis dans le contexte du pays.

                 C'est un vrai plaisir de découvrir tout cela en compagnie de Joaquim et Anne qui œuvrent au quotidien pour que,  ce qui n'était qu'un projet il y a quatre ans,  devienne une réalité concrète et édifiante pour ceux qui suivent leur enthousiasme. Les photos, c'est bien; mais voir de ses yeux tout ce qui a été entrepris, c'est vraiment formidable.  Et rien ne semble avoir été laissé au hasard. Tout est pensé, réfléchi, esthétique en plus! Même les Malgaches qui viennent visiter, car le lieu est proche de la capitale, sont en admiration devant le quartier. Et encore, l'école n'est pas terminée! Qu'est-ce que ça sera!...

                 Ces rencontres avec les habitants du village, en particulier au cours d'une soirée de chants en malgache et en français, où même les plus timides trouvaient leur place au milieu de la joie de partager la danse et les mélodies connues, le temps passé à se promener avec les enfants si contents qu'Anne et Joaquim les aient apprivoisés, tout cela laisse gravé au cœur des sentiments uniques et inoubliables, une fraternité sans frontière. L'accueil si chaleureux aussi de nos Soissonnais devenus presque Malgaches à partager le travail, la poussière des chantiers et le quotidien de chacun ici, le partage des repas et de quelques promenades pendant les moments de repos où la nature fait oublier les contrariétés  associées aux chantiers et à leur organisation, tout cela me laisse une empreinte au cœur en forme d'amour que je voulais vous partager et vous inviter à y participer, parce que cela en vaut le coup, vraiment! "

 

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bande annonce film TSARATANANA  (NOTRE ACTUALITE) posté le dimanche 15 mai 2011 17:48

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Lettre de nouvelle avril 2011 (1)  (NOTRE ACTUALITE) posté le samedi 02 avril 2011 13:21

EDITORIAL

Anne MIRANDA

 

 Une pluie violente balaie en vagues les toits et fait plier les arbres. Poussée par le vent, elle estompe bientôt le paysage en ne laissant à mon regard que des formes confuses. La pluie est réelle, le paysage est réel pourtant l’un et autre maintenant se confondent jusqu’à presque disparaître. Ainsi en est-il des évènements de ce monde qui se succèdent avec la violence d’un orage tropical. Je les regarde mais ils m’atteignent si peu. Je suis derrière ma vitre bien au sec. D’abord je trouve cela terrible, puis je m’habitue en me disant que je n’y peux pas grand-chose, enfin pour m’évader de tout cela, je vais rejoindre en soupirant le confort d’un bon fauteuil où m’attend un livre à suspens. C’est un peu comme cela que les choses se passent, non ?

 

 Il y a peu de temps Stéphane Hessel a publié un tout petit ouvrage dont le titre impératif « Indignez-vous ! » ; j’aurai tendance à ajouter « réveillez-vous ! », nous rappelle notre responsabilité de fraternité active sur cette terre. En même temps, j’entends en écho cette phrase de Gandhi qui disait: 

 « Nous devons devenir le changement que nous voulons voir dans le monde ».

 

 Etre dans l’action ne dispense pas de ce genre de réflexion, bien au contraire. C’est en effet relativement, facile de faire des choses dans un pays en voie de développement. C’est en tout cas plus gratifiant que d’aller au bureau chaque jour ou de s’astreindre à atteindre des objectifs de production dans une entreprise pour satisfaire les actionnaires.

 

 Mais « faire » ne suffit pas. Il faut « être » selon nos convictions et par conséquent donner ce sens à toutes nos actions avec humilité. Le maître mot dans le développement c’est le partenariat. Certes, nous connaissons beaucoup de choses en théorie mais quelle est notre compréhension de ceux que nous voulons aider, de leurs besoins fondamentaux, de leurs aspirations? Si nous faisons les choses à leur place, sans les impliquer complètement dans les projets nous les maintenons dans un système d’assistanat qui veut forcément dire « fragilité ». Que s’arrêtent les aides extérieures et ils se retrouvent dans une situation pire que leur condition initiale. Par contre si nous leur donnons les outils ; formations, réflexion à long terme sur les projets, ils deviendront acteurs de leur changement. . Nous devons en permanence nous interroger : « comment ne pas imposer « le bien » avec arrogance sous prétexte que nous, nous savons ou pensons savoir ce dont l’autre a besoin ? »

 

 Lutter contre les injustices ce n’est pas partir en croisade, c’est changer son regard, ouvrir son cœur ; se laisser transformer, résister à l’indifférence et à la résignation ... et agir.

 

« C’est facile de faire le bien, mais difficile de le faire bien »

Sœur Isabel

(Communauté des Filles de la Charité à Fianarantsoa)

 

 

Blog de yocontigo : YOCONTIGO ESPERANCE Solidarité Internationale, Lettre de nouvelle avril 2011 (1) 

France-Lise BELMANT, la Présidente de YOCONTIGO ESPERANCE Solidarité Internationale, venue passer 3 semaines avec nous, nous livre en quelques lignes ses premières impressions :

 

 « C’est après avoir roulé sur une piste cahotante qu’au dernier moment, on aperçoit Tsaratànana. Je me souviens de notre première participation au salon des solidarités à Paris en 2007, nous avions en tout et pour tout à présenter la maquette du quartier, une photo du terrain, avec sa terre rouge, stérile, et ce beau projet d’ « Une famille, Un toit ».

 La première chose qui m’est venue à l’esprit en arrivant, ce sont ces mots : «... et le désert refleurira ». J’ai été heureuse de me retrouver à Tsaratànana, et de constater les changements, depuis notre venue avec Pierre, mon mari, en octobre 2008. Les arbres ont poussé, les jardins ont fructifié, des fleurs agrémentent les alentours des maisons. Il règne une joyeuse animation un peu partout.

 Il est agréable d’avoir quitté un hiver interminable pour se retrouver en été, qui veut dire aussi saison des pluies. Heureusement, la saison des cyclones est terminée, mais les pluies tropicales sont encore importantes.

 La toiture de la maison communautaire, que j’avais vu en construction en 2008 est achevée depuis longtemps, et des aménagements ont été faits à l’intérieur. Qu’il est agréable d’y faire des réunions, des repas avec les habitants du quartier, ou avec les enfants de la maternelle. La médiathèque m’a servi de bureau et en même temps de salle de consultations pour faire un point santé pour recevoir les femmes et les enfants.

 J’ai apprécié la chambre dans le futur écolodge avec sa décoration typique de Madagascar, l’impression de confort, d’espace.

 En face de ma chambre, les chalets ont été petit à petit occupés par les artisans, j’ai revu Manitra, et ai fait la connaissance des autres : Honoré, Lalaina et Michel. Il manquait Mahefa, encore en convalescence après un A.V.C.

 Et puis bien sûr, quel plaisir de pouvoir voir enfin grandeur nature ce qui n’existait qu’en maquette : la maison du couple de concierge, Théo et Anta, le jardin avec les légumes, ses plantations d’ananambo (moringa oleifera) les jardins verticaux en expérimentation et bien sûr les bâtiments de l’école en construction avec la fabrication des briques sans cuisson sur place. Le chantier est une véritable fourmilière dès le coup de sifflet à 7h 30 du matin.

 Grande nouveauté à Tsaratànana et dont j’ai pu bénéficier : l’énergie solaire. Grâce au financement des Amis de Yocontigo « Ile de France », une entreprise est venue faire une installation solaire. Les panneaux sont sur le toit de l’atelier de menuiserie. En plus du fonctionnement de la pompe sur le forage pour remplir la citerne qui alimente des bornes fontaines, ils permettent également grâce à des batteries de stockage, l’accès à plus de confort : éclairage de l’écolodge et d’autres locaux, fonctionnement de l’ordinateur, éclairage du quartier la nuit.

 Ce séjour m’aura permis un certain nombre de rencontres, comme celle du maire d’Ambohidratrimo, M. Clovis Arthur, afin de faire avancer la question de la propriété des maisons pour les familles de Tsaratànana, rencontre également avec quelques chefs de fokontany, avec les enseignants et directrices d’école, maternelle et primaire, des médecins et personnel de dispensaire. Le bilan est unanime : le problème est celui de la pauvreté, le principal souci : trouver du travail, sinon, on ne mange pas, et j’ai effectivement pu constater le retard de croissance d’un certain nombre d’enfants que j’ai examiné.

 Pour nos familles, la solution est relativement simple, nous leur rappelons l’importance de cultiver les jardins, de produire de la volaille afin d’améliorer la nutrition. Théo a commencé les plantations d’ananambo dans le jardin de l’école, tout cela pour la confection de repas pour les enfants de maternelle mais aussi la vente de plants aux habitants des environs. La cantine scolaire, alimentée par le jardin des parents, le jardin et la ferme pédagogiques, tout cela va permettre de diffuser et relayer l’information auprès des enfants, puis de leurs parents, du voisinage et des visiteurs qui passent régulièrement pour visiter le quartier.

 Ces 3 semaines ont passé très vite, je n’ai pas pu voir tous les chefs de fokontany, ni toutes les familles qui seront concernées par le groupe scolaire, et c’est avec un serrement de cœur en pensant aux nombreux sourires qui m’ont accompagnée et un peu de tristesse que j’ai quitté Tsaratànana, il reste encore tant de chose à faire ici …...à Madagascar.

 

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